Je pense entrer en périménopause : que se passe-t-il et que faire ?

On en parle souvent de la ménopause comme d’un cap un peu flou, parfois comme un sujet médical, parfois comme un tabou ou une fatalité.

La ménopause est une transition hormonale normale, qui concerne toutes les femmes à un moment de leur vie. Elle peut être très bien vécue, ou au contraire devenir vraiment difficile au quotidien. Si l’on devait comparer la ménopause à un autre moment de vie des femmes, ce serait la puberté. Dans tous les cas, cette transition mérite d’être comprise, accompagnée, et prise au sérieux.

👉 La ménopause, c’est quoi ?

La ménopause correspond à l’arrêt progressif du fonctionnement des ovaires. Concrètement, les ovaires produisent de moins en moins d’œstrogènes et de progestérone, deux hormones qui jouent un rôle important dans le cycle menstruel, mais aussi dans le sommeil, l’humeur, la santé osseuse, la santé cardiovasculaire, la peau, la vulve, le vagin ou encore l’énergie.

Le diagnostic de ménopause est posé lorsqu’il y a eu 12 mois consécutifs sans règles, à un âge compatible.

L’âge moyen de la ménopause se situe autour de 51 ans, mais il existe une variation normale de plusieurs années entre les femmes.

👉 Et la périménopause, c’est quoi ?

Avant la ménopause, il y a souvent une période de transition que l’on appelle la périménopause.

Elle peut commencer plusieurs années avant l’arrêt définitif des règles, parfois dès 35-40 ans chez certaines femmes.

Pendant cette période, les hormones fluctuent. Les cycles peuvent devenir irréguliers, les symptômes peuvent apparaître puis disparaître, revenir, changer d’intensité.

👉 Qui est concernée ?

Toutes les femmes connaîtront la ménopause, sauf situations particulières liées à certains traitements ou interventions, mais il n’existe pas une seule façon de vivre cette période.

Environ 80 % des femmes présentent au moins un symptôme de ménopause. Pour 20 à 25 % d’entre elles, ces symptômes sont considérés comme sévères.

Les symptômes varient énormément d’une femme à l’autre. Les plus connus sont les bouffées de chaleur, mais la ménopause ne se résume pas du tout à ça, il peut aussi il y avoir d’autre symptômes, comme :

  • Des troubles du sommeil,
  • Des douleurs articulaires,
  • Des sueurs nocturnes,
  • Des changements de poids et de composition corporelle
  • Des symptômes génito-urinaires comme une sécheresse vulvaire ou vaginale, des douleurs pendant les rapports, des irritations, des infections urinaires répétées ou des envies fréquentes d’uriner.
  • Du brouillard cognitif
  • Un impact sur la santé mentale (sauts d’humeur, irritabilité, anxiété ou épisodes dépressifs).

Il n’y a pas UNE ménopause, mais DES ménopauses.

Les premiers signes sont souvent des modifications du cycle : règles plus rapprochées ou plus espacées, plus abondantes ou plus légères.

👉 Que faire si je pense être en périménopause ou ménopausée ? Qui consulter ?

Vous pouvez en parler à un·e sage-femme, un·e médecin généraliste, ou un·e gynécologue, pour faire le point sur vos symptômes, vos cycles, vos antécédents, vos facteurs de risque, votre santé globale et vos besoins.

A métier égal (parmi ceux cités ci-dessus), tous les praticien·nes ne sont pas aussi bien formés en la matière, tout dépend des sujets sur lesquels ils se sont spécialisés. Peut-être aura-t-il.elle besoin de vous ré-adresser vers un·e confrère mieux formé, en vous faisant profiter de son réseau.

La ménopause se diagnostique le plus souvent cliniquement : il n’est pas toujours nécessaire de faire des dosages hormonaux, surtout autour de l’âge habituel de la ménopause. Mais un bilan peut être proposé selon les symptômes, l’âge, les antécédents ou les traitements en cours.

La baisse des œstrogènes peut aussi avoir des effets à moyen et long terme sur la santé osseuse, la santé cardiovasculaire, le métabolisme, la santé mentale, la qualité de vie globale. La consultation peut aussi être l’occasion de vérifier la tension artérielle, les facteurs de risque cardiovasculaire, les dépistages recommandés pour votre âge et, selon votre situation, la santé osseuse ou certains paramètres sanguins. Tous ces examens ne sont pas systématiques.

👉 Quelle est ensuite la prise en charge ?

Il existe plusieurs types de prise en charge. Le choix dépend de vos symptômes, de vos antécédents, de vos préférences et de vos éventuelles contre-indications.

  • Le THM - traitement hormonal de la ménopause :  c’est le traitement le plus efficace sur de nombreux symptômes : bouffées de chaleur, troubles du sommeil, douleurs articulaires, troubles de l’humeur, symptômes cognitifs, sécheresse vaginale selon les cas. Il peut aussi avoir un effet protecteur sur la santé osseuse et, lorsqu’il est débuté tôt chez les bonnes patientes, un intérêt sur la prévention cardiovasculaire. Il n’est ni systématique, ni adapté à toutes les femmes. Son intérêt dépend de l’intensité des symptômes, de l’âge, du moment où il est commencé, des antécédents médicaux et des préférences de chacune. Une discussion personnalisée permet d’en évaluer les bénéfices et les risques.
  • Les traitements locaux : pour les symptômes vulvaires.
  • Une activité physique adaptée,
  • Un travail sur l’alimentation,
  • Un travail sur le sommeil,
  • Une réduction de l’alcool et du tabac,
  • De la kinésithérapie,
  • Une supplémentation ciblée si des carences sont identifiées,
  • Un accompagnement psychologique si besoin.

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