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Le Syndrome Métabolique Ovarien Polyendocrinien (SMOP), anciennement appelé Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) toucherait 1 femme sur 10. Il peut avoir des effets sur les cycles, la peau, la pilosité, le poids ou encore la fertilité. On vous guide pour comprendre ce syndrome, et le parcours associé.
👉 Le SMOP, c’est quoi exactement ?
Le SMOP est un syndrome, c’est-à-dire un ensemble de signes et de symptômes. Il est lié à un déséquilibre hormonal, souvent marqué par une production plus élevée d’androgènes, des hormones dites “masculines”, mais présentes chez tous·tes.
Ce déséquilibre peut perturber le fonctionnement des ovaires. Résultat : les follicules, qui contiennent les ovocytes, ont parfois du mal à arriver à maturité. L’ovulation peut devenir irrégulière ou absente sur certains cycles.
C’est ce qui peut expliquer plusieurs symptômes, comme
▶️ des cycles longs ou irréguliers,
▶️ de l’acné
▶️ une pilosité plus importante,
▶️ parfois une prise de poids ou des difficultés à en perdre
▶️ parfois des difficultés à tomber enceinte.
Mais il n’y a pas un seul profil de SMOP. Certaines personnes ont surtout des troubles du cycle. D’autres consultent pour de l’acné. D’autres encore découvrent le diagnostic au moment d’un projet de grossesse, constatant à ce moment là - sans contraception - des cycles irréguliers. Et enfin, certaines ne seront jamais impactées par leur SMOP, voire n’en connaitront jamais l’existence.
👉 Comment se fait le diagnostic ?
Le diagnostic du SMOP repose sur les critères de Rotterdam. Il faut retrouver au moins deux critères sur trois :
- Des ovulations rares ou irrégulières, souvent repérées par des cycles longs ou peu fréquents (hors adolescence),
- Un excès d’androgènes, visible dans les symptômes - acné, pilosité, chute de cheveux - ou retrouvé à la prise de sang,
- Un nombre élevé de follicules immatures à l’échographie, souvent défini par au moins 20 follicules dans un ovaire.
Mais attention : ces critères ne suffisent pas toujours à eux seuls. Avant de conclure à un SMOP, il faut aussi éliminer d’autres causes qui peuvent provoquer des symptômes proches, en faisant un bilan complet.
👉 Quel est le parcours si je pense avoir un SMOP ?
1️⃣ Consulter
La première étape est de consulter. Vous pouvez prendre rendez-vous avec un·e médecin généraliste, une sage-femme, ou un·e gynécologue.
💡 Tous les professionnel·les de santé ne sont pas spécialisés sur le sujet. Vérifiez les expertises de votre professionnel de santé, et/ou tournez vous vers des hôpitaux de jour spécialisés pour avoir un diagnostic.
Pas simple de trouver la bonne personne ? Commencez par aller voir une des personnes qui vous suit habituellement (généraliste, gynéco, sage-femme) : ce soignant pourra vous faire profiter de son réseau, et vous adresser à un·e confrère qui connaît bien ce sujet.
Le plus important dans cette consultation : l’interrogatoire ! De nombreuses questions vous seront posées, y compris donc autour de sujets qui peuvent vous sembler indiscrets ou délicats (pilosité, prise de poids, acné), afin d’affiner ce diagnostic - ou non.
2️⃣ Faire des examens
Selon la situation, il pourrait vous être prescrit :
- Une prise de sang hormonale, qui permet d’évaluer certains marqueurs hormonaux, notamment les androgènes, et de rechercher d’autres causes possibles de troubles du cycle ou d’hyperandrogénie.
- Une échographie pelvienne, qui permet d’observer les ovaires et de compter les follicules.
- un bilan métabolique, pouvant notamment comprendre une mesure de la tension artérielle, une glycémie ou un test de tolérance au glucose, ainsi qu’un bilan lipidique.
👉 Et ensuite, après le diagnostic ?
Le SMOP est un syndrome chronique. On ne “guérit” pas d’un SMOP, mais en revanche, on peut agir sur les symptômes et réduire les risques associés.
La prise en charge dépend de votre situation : vos symptômes, votre âge, votre état de santé général, vos facteurs métaboliques, vos traitements, et vos projets éventuels de grossesse.
Il est possible de vivre toute sa vie avec un SMOP sans le savoir, ou sans être gênée.
Si prise en charge il y a, elle peut comprendre :
- Un accompagnement sur l’alimentation et l’activité physique, pour avoir un impact sur l’insulino-résistance, les cycles et l’ovulation.
- Les traitements de l’insulino-résistance : certains compléments ou médicaments peuvent être proposés, selon les situations. Certains médicaments, notamment la metformine dans des situations précises, peuvent être proposés après une évaluation médicale. Les compléments alimentaires ne sont ni systématiques ni anodins : leur intérêt et leur qualité doivent être discutés avec un·e professionnel·le.
- Les traitements hormonaux : des traitements hormonaux peuvent être proposés pour réguler les cycles, améliorer l’acné, limiter certains signes d’hyperandrogénie ou protéger l’endomètre lorsque les règles sont très espacées.
- L’accompagnement dermatologique : en cas d’acné, de chute de cheveux ou de pilosité gênante, un suivi dermatologique peut être utile.
- Le suivi en fertilité si besoin : le SMOP peut rendre les cycles irréguliers, donc rendre l’ovulation plus difficile à repérer ou moins fréquente, ce qui peut compliquer un projet de grossesse.
